Los barrios

Suba se situe au Nord-Ouest de Bogota et est l’une des 20 localités qui constituent l’ensemble politique et administratif de la capitale de la Colombie.

Suba s’est étendu de façon exponentielle lors des trois dernières décennies. Cette croissance s’est majoritairement basée sur la zone d’expansion de l’Ouest de la ville, où cohabitent toutes les catégories socio-économiques, et où il existe une hétérogénéité culturelle significative, étant donné qu’y vivent des familles originaires de différents endroits du pays. Suba se compose, dans le secteur le plus occidental, d’une population immigrée à la recherche d’un logement propre. Le processus de consolidation de la localité s’est fait principalement par des procédures d’autogestion communautaire.
Il s’agit de procédés d’occupation qui prennent au moins deux formes différentes : la première est l’invasion (un groupe de famille « prend une terre » pour s’y établir), et la deuxième est l’autogestion (une famille achète un lopin de terre à bas prix et commence à y construire sa maison, petit à petit en fonction de ses ressources financières. Cela peut durer 10 ans). Ce dernier processus est un cas récurrent dans la localité de Suba, où sont arrivées des familles qui avaient de faibles revenus, qui sont des migrants interurbains ou des victimes des procédures de déplacement issues des régions où sévit le conflit armé. Ces facteurs font que des propriétés non « légalisées » et sans services deviennent l’unique possibilité d’acquérir un logement.

Suba concentre 11% de la population totale du District, avec 706 528 habitants en l’an 2000, ce qui en fait la troisième localité la plus peuplée de Bogota et la quatrième en ce qui concerne l’expansion urbaine. Malgré l’urbanisation accélérée, conséquence de l’exode rural, beaucoup d’éléments ancestraux (noms, coutumes alimentaires) de la culture indigène Muisca qui s’est développée dans la région andine colombienne demeurent.

La situation des jeunes à Suba : Suba représente la quatrième localité en terme de population jeune à Bogotá. 147 015 jeunes y vivent, c’est à dire 9,7% des jeunes de la ville.

La situation des jeunes, vivant dans des conditions socioéconomiques défavorables, implique un manque de possibilité d’accéder à l’éducation, et en conséquence à un travail qualifié. Certains jeunes s’organisent autour de dynamiques culturelles et productives, mais d’autres se regroupent autour d’activités illégales comme la vente de drogues, ou la délinquance: 79% des détenus dans la localité de Suba sont des jeunes entre 14 et 26 ans. En 2001, 85 jeunes ont été victimes d’homicide. Le type de prévention effectuée par les autorités s’effectue en termes d’agression, de poursuite, d’abus de pouvoir, de stigmatisation des jeunes, considérés comme une menace à la sécurité gouvernementale.

“ Je ne vais plus au parc, car la police vient nous fouiller, nous provoquer, nous agresser", témoigne un jeune de l’équipe de Quartiers du Monde.

On trouve à Suba un des pourcentages les plus élevés de jeunes ayant acquis une éducation supérieure, par rapport à la ville dans son ensemble. Ceci est dû au grand nombre d’institutions éducatives publiques et privées qui travaillent dans cette zone. Malgré cela, Suba a le pourcentage le plus élevé de jeunes qui quittent l’école après avoir terminé le primaire.

Selon les renseignements du Département Administratif d’Action Communale, on trouve à Suba 14% des comités qui insèrent des jeunes, chiffre qui reflète le manque d’offre et l’affaiblissement du processus organisationnel des jeunes.


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