Le quartier de Niamakoro

Niamakoro est l’un des quartiers les plus vastes et le plus peuplé de ce district de Bamako. Le quartier a une population de 102 196 habitants sur 7 000 km2.

Niamakoro est un quartier récemment loti : les constructions sont essentiellement en matériaux locaux (banco), mais il existe aussi des bâtiments en dur.

Le quartier a un seul espace vert bien aménagé. La population vit essentiellement de commerce et d’artisanat.

Le travail des enfants pour soutenir la famille est un problème majeur dans le quartier. Ce phénomène s’explique par le faible niveau de revenu des parents pour subvenir aux besoins de la famille. Cette situation influence l’éducation des enfants.

Infrastructures et équipements

Les équipements collectifs (caniveaux, centre de santé, école et marchés) existent mais en nombre insuffisant. L’eau potable provient de puits et de quelques bornes fontaines, qui sont insuffisantes.

Le quartier est doté de deux terrains de football non aménagés. Les habitants du quartier ont participé à des compétitions sportives et culturelles au niveau de la commune.

Dans le domaine de la culture, le quartier possède une salle de cinéma, une salle de théâtre, deux centres de lecture à la cité des enfants, le centre d’écoute communautaire et trois salles de karaté.

Sur le plan sanitaire le quartier possède des centres et quatre pharmacies, qui manquent d’équipements appropriés. Les principales maladies du quartier sont : le paludisme, les infections respiratoires, la malnutrition, les infections génito-urinaires, l’hypertension artérielle et les MST. Les personnes les plus concernées par ces maladies sont les femmes, les enfants et les jeunes. Le faible niveau de revenu amène une partie de la population à pratiquer l’auto médication ou à s’approvisionner au niveau des « pharmacies par terre ».

L’éducation

Autrefois l’organisation sociale de Niamakoro prenait en charge l’éducation. Dans la philosophie bambara, l’enfant appartient à tous. Les enfants d’aujourd’hui étant les vieux de demain; il convenait de les préparer à respecter les normes sociales pour qu’ils puissent prendre la relève. Tout le monde avait la possibilité de surveiller et corriger l’enfant de son voisin.

De nos jours, la situation a changé. La philosophie bambara basée sur l’éducation de masse a perdu de son poids, l’individualisme a pris le pas sur le collectif. La vie communautaire est en train de s’effriter. Les normes sociales ne sont plus respectées, les enfants ne respectent plus leurs parents comme avant, les familles élargies disparaissent au profit de familles nucléaires.

L’organisation du pouvoir

On distingue deux types de pouvoir complémentaires :

- Le pouvoir traditionnel : la chefferie est l’apanage de la famille fondatrice de Niamakoro. C’est le plus âgé qui hérite du trône. Les fondateurs s’occupent des préoccupations de toutes les strates qui composent la société.

- Le pouvoir moderne, représenté au niveau du quartier par la délégation locale de la municipalité, est représenté par le maire de la commune IV du district de Bamako, élu au suffrage universel.

Les jeunes sont très impliqués dans les activités du quartier. Ils constituent les partenaires privilégiés des pouvoirs dans la gestion. Ils interviennent à travers les associations, les clubs, les groupements.


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