Contexte historique des favelas

En 2000, 18,8% de la population de la ville, vivaient dans les favelas. Depuis la fin du 19ème siècle, les favelas font partie du paysage carioca, mais c’est à partir des années 30 qu’elles ont commencé à marquer l’espace de la ville. Pour une grande partie de la population pauvre qui n’avait pas d’emploi fixe, dans le contexte des nouvelles techniques de travail de cette époque, la favela apparaissait comme une opportunité.
La population des favelas a augmenté de façon incontrôlée. Cette augmentation, qui influençait déjà le développement de Rio de Janeiro, a commencé à inquiéter les autorités locales. Entre 1941 et 1943, la Mairie de Rio de Janeiro a élaboré un projet de « nettoyage » des favelas. Malgré le fait que ce projet n’ait pas fonctionné, cela a été la première initiative d’élaboration d’une politique de logement, car antérieurement, toutes les initiatives étaient basées exclusivement sur la violence (force policière, incendies, démolitions, prison).
Pendant la période de 1945 a 1965 environ, les favelas représentaient des espaces importants sur le plan politique, dû à leur poids électoral. Elles étaient des champs fertiles pour la politique démagogique de ceux qui se faisaient appeler « les défenseurs de la cause des Favelas ».

Dans les années 90, a été créé le programme d’urbanisation d’habitations populaires. Ces initiatives ont touché une population de 250.000 habitants et ont rendu possible la création du programme « Favela – Quartier ». Cette proposition d’intégration de la favela à la ville formelle n’est pas encore une réalité, car ce n’est pas uniquement avec la transformation physique qu’on réussit à intégrer les favelas dans la dynamique fonctionnelle et vitale d’une ville « formelle ».

Il est important de signaler que les conquêtes en termes d’infrastructures et de services sont le fruit des années de lutte des habitants des favelas, qui peu à peu ont pu affirmer leur importance en termes d’insertion sociale dans la société brésilienne. Les favelas « n’encerclent pas la ville, mais font partie de la ville ». Il faut dépasser les pratiques ségrégationnistes et les discours de carence et d’absence.


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